20 octobre 2017

Les villageois ont dit adieu à leur doyenne Alice Causse

Alice 2009-webAlice l'année de ses 90 printemps.

Alice Causse s'est éteinte le 12 octobre dernier à l'âge de 98 ans. Elle s'est endormie une dernière fois paisiblement à l'Accueil à Ganges où elle a passé ses derniers mois.

Alice est née le 19 août 1919 aux Falguières. C'est dans ce hameau dans les hauteurs de Saint-Laurent-le-Minier qu'elle a grandi auprès de ses parents protestants, éleveurs de chèvres.

Alice aimait par dessus tout la nature et les animaux qui l'entouraient. A ceux qui ont eu le bonheur de la connaître et de la visiter, elle ne se lassait pas de raconter son enfance là-haut. Comme le jour où elle avait échappé à la vigilance de ses parents alors qu'elle avait seulement 4 ans. Alice avait déjà tellement envie d'apprendre à lire qu'elle avait décidé de traverser la forêt pour descendre à l'école du village. Heureusement, les empreintes de ses petits pas dans la neige avaient permis à ses parents de la rattraper en route.

L'école, elle l'a rejointe 2 ans plus tard. Elle descendait alors de là-haut toute seule chaque matin et chaque soir remontait par le sentier si pentu au dessus du cimetière. En remontant de l’école, il lui arrivait parfois de croiser un sanglier à la nuit tombante. Alors, le matin suivant, fière, elle racontait à ses camarades ses rencontres avec la vie sauvage. Et, pétrifiées, ses camarades l’interrogeaient : “et tu n’as pas eu peur ?” Non, la petite Alice n’avait pas peur des sangliers.

Une fois rentrée de l’école, Alice préférait s’occuper des bêtes au lieu de faire ses devoirs. Après son certificat d’études, elle n’a pas voulu s’en éloigner pour aller en pension, alors, elle s'est faite bergère et, jusqu'à ses 80 ans, elle s'est occupée de ses chèvres, accompagnée de ses livres car le goût de la lecture ne l'a jamais quittée.

Mais Alice aimait aussi la vie de village et s'est investie dans la vie de sa petite communauté, notamment au sein du temple où elle enseignait le catéchisme et auprès des aides ménagères : elle fût la première responsable de Présence 30, qui s'appelait AMPAF, créée par la mutualité sociale agricole il y a plus de 40 ans.

Alice est toujours restée fidèle à sa montagne et elle savait la raconter avec bonheur et simplicité alors pour ses amis c’était chaque fois du plaisir de l'écouter. Jusqu'à ses derniers jours, elle a su apprécier la vie comme elle était. Le souvenir de sa petite voix enjouée restera.

A sa fenêtre, elle participait aux commémorations devant le monument aux morts.
Alice-2013-web

Il y a quelques années, Alice pendant le festival de dessins animés.
Alice-cinéma-web

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30 décembre 2015

Alice Delenne, figure emblématique du village et de son école, s'est éteinte

web-Alice Delenne
Alice Delenne, grande dame du village, appréciée et respectée de tous ceux qui ont eu le bonheur de croiser son chemin, s’est éteinte le vendredi 18 décembre à l'âge de 93 ans.

Née à Saint Bresson le 17 août 1922 de Gaston et Orélie Maffre, Alice et sa famille se sont installées peu de temps après au Vigan. Alice et ses deux sœurs n’avaient respectivement que 9, 8 et 3 ans lorsqu’une septicémie a emporté leur mère Orélie. 

Après le certificat d’études, et comme beaucoup de petites cévenoles, les trois filles se sont retrouvées à 14 ans au travail en usine, le textile faisant vivre la vallée.

C'est après la guerre qu'Alice a rencontré le jeune instituteur Roger Delenne. Mariés au Vigan en 1948, ils y ont vécu quelques années avant de rejoindre l’école de Saint-Laurent-le-Minier où Roger fut nommé en 1953. Homme de caractère investi par sa mission d’enseignant laïque, il allait entraîner sa jeune épouse dans une folle aventure humaine au sein de ce village minier.

C’est ainsi qu’Alice s’est très vite retrouvée responsable de la maternelle et de la cantine, devenant alors le premier maillon du parcours scolaire des gamins qui arrivaient et qu’elle appelait “mes petits”. Roger, lui, les préparait pour le certificat d’études ou la 6ème.

Alice s’est investie sans compter, secondant son instituteur de mari dans ses projets les plus surprenants pour finir par assumer la tâche très délicate de femme de maire.

Les marques d’amitié de leurs anciens élèves, les visites fréquentes à Saint Julien où ils se sont retirés à l’heure de la retraite sont autant de remerciements qui doivent les conforter dans les choix de vie qu’ils ont fait : le don de soi et l’amour de leur prochain. Leur richesse était leur simplicité et leur force leur honnêteté.

Après la cérémonie qui s’est tenue à l’église de Saint-Laurent-le Minier, le mardi 22 décembre, et qui a réuni nombre de villageois, d’amis et d’anciens élèves, sa famille a tenu à partager un dernier moment d’amitié autour d’un buffet dans l’esprit qu’Alice affectionnait, elle qui aimait tant gâter les proches qui lui rendaient visite. Ce verre de l’amitié s’est tenu dans la salle où elle a travaillé toute sa vie puisqu’elle servait de cadre à la garderie et à la cantine de l’école. Salle qui porte aujourd'hui le nom de celui qui a partagé son existence.

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05 janvier 2014

L’arboretum du ferronnier

Papier-Renaud Forge-1

Lorsque l'on arrive à proximité du village, on entend résonner des coups venant de l'atelier en face du terrain de foot. C'est le marteau du ferronnier. Et le passant s’arrête parfois pour voir le fer plier sous l'emprise du feu et de l'homme.

Renaud Richard a toujours été attiré par le travail du métal. S’il a commencé par travailler dans l’industrie après un Bac F1 et un BTS en Bureau d’études, mais en voyant travailler un ferronnier il a réalisé que l’artisanat lui correspondrait mieux. Alors, à 30 ans, il décide de passer le CAP de ferronnier et s’installe rapidement à son compte.

Depuis plus de dix ans, son quotidien est donc celui d’un artisan, “je fais surtout des ouvrages pour le bâtiment, rampes, grille, portails, tonnelles, etc., pour des particuliers, mais aussi pour des architectes ou des communes comme ici, avec cette commande de 60 mètres de garde-corps.”

Pour son village, le ferronnier s'est offert le plaisir d’apporter une évocation de la flore cévenole avec une frise entièrement forgée à la main, “l’emplacement, au-dessus de la place du jardin, me semblait tout indiqué pour greffer un peu de végétation sur cette rambarde”.

Entièrement réalisée en fer plein, son pilastre est en carré de 40 mm, percé à chaud pour le faire traverser par un plant d’églantier. Ses platines sont forgées d’une manière assez brute ”évoquant, dans mon esprit, le sol cévenol et son passé minier.“ 

“Je préfère dire que je suis ferronnier. Les avis divergent sur l’utilisation des différents noms des métiers de la forge, l’essentiel restant que ceux qui les utilisent proposent un vrai travail artisanal.” 

Il faut aimer tout ce qui fait l’ambiance d’un atelier de ferronnerie pour exercer ce métier. “Il y a du bruit, de la fumée, il faut porter des charges, on est debout toute la journée. Mais on peut créer de belles choses, allier la tradition et le contemporain.”

Mais il n’y a pas que les gros chantiers. “Je fabrique aussi du mobilier, des luminaires. J’aime toucher à tout. En plus du matériel de ferronnerie classique, je possède un tour à métaux et une vieille fraiseuse de 1928 qui va bientôt reprendre vie. Je suis également en train de fabriquer un four pour pouvoir faire de petites pièces de fonderie.” 

Renaud aime aussi le contact, et pense que la transmission du savoir est importante, il fait parfois des démonstrations de forge ou des expositions sur des foires ou des marchés. Il espère pouvoir bientôt prendre des apprentis. En attendant, il propose des stages d’initiation pour adultes pour découvrir la forge ou la soudure.

http://renaud-forge.blogg.org/

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16 juin 2012

Gepto construit des automates

Gepto-01

A l’heure où un réalisateur mexicain, s’apprête à redonner vie au personnage de Pinocchio pour une sortie au cinéma prévue en 2014, j’ai rencontré un autre “papa adoptif” de cette célèbre marionnette. “Gepto”, Jean-Claude Verdin de son vrai nom, m’a reçue dans son vieux mas sur les hauteurs de Saint-Laurent-le-Minier. Une maison qu’il restaure au fil des ans pour se créer les espaces de travail dont il a besoin. “Patiemment, comme une petite fourmi, j’avance jour après jour”.

Les journées sont longues pour Jean-Claude. Levé chaque jour à l’aube, il n’a guère le temps de s’ennuyer entre sa maison, sa petite famille et ses créations.

Tout a commencé il y a 30 ans lorsque, attiré par le mouvement, il a fabriqué des chevaux à bascules, des manèges en bois, “ça a toujours été le mouvement, des jouets animés” puis il a fabriqué une marionnette, une réplique de pinocchio, suivie d’une seconde et une troisième. Elles se sont vendues alors il a continué l’aventure.

De pinocchio il est passé à une autre marionnette à fil qu’il a commercialisée un peu partout : sur le marché de Ganges, au salon de Nîmes, à la Foire de Paris, dans les salons professionnels, jusqu’à être distribuée dans les magasins spécialisés en jouets en bois. 

A ce moment là, dans son atelier il y avait du travail pour quatre, il travaillait avec sa compagne et deux autres personnes. Et un jour, sa marionnette a été copiée par le marché asiatique et l’écart de prix a anéanti les efforts réalisés. 

Il s’en est suivi une sérieuse baisse d’activité mais après trois années de vaches maigres les affaires ont repris avec les automates. Et c’est une toute nouvelle aventure qui commençait. Il fallait réapprendre le mouvement.

Ses mécanismes, il les a trouvés tout seul à force de patience et d’opiniâtreté, Jean-Claude est un autodidacte, dans tous les domaines qu’il aborde et il n’est pas avare de temps ou de volonté.

“Il faut chercher, ce dont j’ai besoin, puis chercher les matériaux, me demander comment je vais faire, fouiller souvent sur internet, pour trouver des astuces et puis me mettre à l’ouvrage. Souvent le premier essai est un échec. Ça ne marche pas, je recommence, jusqu’à ce qu’enfin, ça fonctionne”.

Certaines marionnettes sont entièrement créées à l’atelier, “il y a du modelage, du moulage, la projection de latex liquide, trouver la bonne couleur, le bon dosage de pigments et puis il faut les habiller. La machine à coudre est de l’autre côté”.

Pour d’autres comme les peluches, Jean-Claude achète le personnage terminé et habillé et se concentre alors sur l’équipement nécessaire à l’animation.

Ces automates sont imaginés pour les animations des vitrines de Noël des galeries marchandes ou des commerçants indépendants. Père Noël, animaux sauvages, marmottes, oursons, Jean-Claude a ainsi créé près de 60 modèles différents avec, pour certains d’entre-eux, plusieurs exemplaires pour pouvoir répondre à toutes les demandes. A ce jour, Gepto est l’heureux papa de près de 250 automates !

Non content de gérer la création, la fabrication, la partie commerciale, la logistique, la manutention, les notices de montage pour les clients, Jean-Claude maîtrise bien sûr aussi sa communication et gère donc son site internet pour proposer et présenter ses produits à travers la France.

www.gepto.com

10 mars 2012

Stéphane Garcin, profession : régisseur éclairagiste

1-Stéphane Garcin dans son atelier à ciel ouvert-1Stéphane Garcin dans son atelier à ciel ouvert.

A Saint-Laurent-le-Minier, tout le monde ou presque connaît Sliman, cette petite tête rousse de tout juste deux ans qui met le bonheur dans les yeux de ceux qui le croisent. Stéphane Garcin, son papa est nettement plus discret mais lorsqu’il ne s’occupe pas de son petit, il entre dans la peau d’un étonnant créateur d’espaces et de décors de spectacles. Depuis deux ans, il met tout en œuvre pour construire les décors des pièces de la compagnie Sîn qui réalise des œuvres théâtrales, et des événements favorisant les rencontres entre artistes et populations..

Stéphane avait ainsi réalisé les décors de la création “Dernier Palier” qui, l’année dernière, retraçait les mobilisations des habitants du quartier populaire du Petit Bard à Montpellier pour accéder à la reconnaissance de leur droit à vivre et habiter dignement. Pour ce projet, la compagnie Sîn qui ne parle à la légère s’était immergée durant deux années dans le quartier.

Le dernier défi de notre constructeur n’est pas des moindres. Toujours pour la compagnie Sîn, dans son atelier à ciel ouvert sur le site de La Grange au Causse de la Selle et il travaille depuis trois semaines à la reconstitution d’un camp de réfugiés palestiniens à base de matériel de récupération “pour se rapprocher au plus près de la réalité”, des tentes de fortune, des bidons, de vieilles ferrailles, un tracteur.

Cette reconstitution sera le décor du spectacle “Je suis ici” qui promet d’être pour le moins surprenant. Cette performance -et le terme n’est pas usurpé- doit durer 29 heures. Ainsi, l’histoire commence à 9h du matin et doit se terminer le lendemain à 14h.

Pendant ces 29 heures, les tentes et autres installations réalisées par Stéphane et le scénographe Carst vont être montées dans la rue comme espaces d'expressions pour dix comédiens, danseurs, musiciens, photographes. A l’instar d’Emilien Urbach et Emilie Pirdas, qui ont conçu et réalisé le spectacle au cours de leurs nombreux voyages effectués sur place depuis dix ans, presque tous les acteurs de “Je suis ici” ont voyagé en Palestine. Le fruit de ce travail collectif est un témoignage qui jongle entre réalité et fiction.

Le public sera invité à suivre un parcours dans le camp au cours duquel les comédiens vont lire ou évoquer de différentes manières, des témoignages d'hommes ou de femmes palestiniens. 

Stéphane, s‘il n’a pas vécu en direct cette expérience palestinienne s’est pourtant totalement investi dans le projet et sera sur scène, acteur transparent mais indispensable au bon fonctionnement des rouages de cette histoire.

Spectacle le vendredi 20 avril sur la place des Aires à Sommières puis le vendredi 4 mai sur le parvis du cratère, scène nationale à Alès

contact@sin-net.org - http://sin-net.org/

2-Stéphane Garcin intérieur une des tentes du camp

“Je suis ici” par la Compagnie Sîn - France
Année de création : 2011

Auteurs : Emilie Pirdas et Emilien Urbach
Metteur en scène : Emilien Urbach
Direction d’acteur : Emilie Pirdas
Scénographie : Carst
Musique : Olivier Bonnafous
Danse/Chorégraphie : Lisie Philip
Photographie : Olivier Baudoin
Interprètes : Caroline Cano, Mandine Guillaume, Lisie Philip, Olivier Bonnafous, Frédéric Munoz
Régie spectacle : Boris Burasovitch
Régie Compagnie Sîn : Stéphane Garcin
Communication Compagnie Sîn : Barbara Marchadier
Production Compagnie Sîn : Siham Mineur, Marina Pardo